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Comment devenir streamer : revenus, statut, impôts et obligations ?

Équipe LS Compta Équipe LS Compta
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Lancer ses premiers lives sur Twitch, YouTube ou Kick commence souvent comme un loisir. Pour devenir streamer et en tirer un revenu, il faut pourtant aborder cette activité comme une entreprise, car les sommes perçues sont imposables, des cotisations sociales s’appliquent et les partenariats avec les marques obéissent à des règles précises.

D’où viennent les revenus d’un streamer, et à partir de quand déclarer son activité ? Quel statut choisir, combien prévoir d’impôts et de cotisations, et la TVA s’applique-t-elle aux sommes versées par une plateforme étrangère ? Voici les règles applicables en 2026.

Comment un streamer gagne-t-il sa vie ?

Un streamer diffuse des vidéos en direct sur une plateforme en ligne, autour d’un thème qui fédère son audience : jeux vidéo, discussions, création artistique, cuisine ou sport.

Son activité repose sur une communauté fidèle, qu’il anime en temps réel pendant ses lives. Il cumule en général plusieurs sources de revenus, dont les modalités sont fixées par chaque plateforme ou négociées avec chaque partenaire :

  • les abonnements payants souscrits par les spectateurs ;
  • les dons et pourboires versés pendant les lives ;
  • une part des recettes publicitaires diffusées sur la chaîne ;
  • les partenariats rémunérés avec des marques ;
  • la vente de produits dérivés à l’effigie de la chaîne.

Le montant de ces revenus dépend de la taille de l’audience, des conditions d’accès au programme de monétisation de chaque plateforme et du partage des recettes qu’elle pratique. Ces conditions évoluent régulièrement, et seules celles affichées dans votre espace créateur font foi.

Sur le plan fiscal, ces sommes relèvent en principe des BNC (bénéfices non commerciaux). L’article 92 du Code général des impôts range en effet dans cette catégorie les bénéfices « de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus ». La vente de produits dérivés constitue en revanche une activité commerciale, imposée dans les BIC (bénéfices industriels et commerciaux).

Une streameuse qui vend des sweats aux couleurs de sa chaîne exerce ainsi une activité mixte, BNC pour ses lives et BIC pour ses ventes.

À partir de quand faut-il déclarer votre activité de streamer ?

Percevoir de l’argent grâce à ses lives n’est jamais neutre sur le plan fiscal. L’administration fiscale rappelle que les opérations réalisées par l’intermédiaire des plateformes, « y compris occasionnelles, sont susceptibles d’être imposées ». Il revient à chaque contribuable de vérifier si ses revenus sont imposables et, le cas échéant, de les déclarer.

Dès que vous envisagez le streaming comme un métier, avec des partenariats réguliers et des factures à émettre, la déclaration d’une activité professionnelle offre le cadre adapté. La micro-entreprise est la forme la plus légère pour démarrer, et les étapes pour devenir auto-entrepreneur sont les mêmes pour un streamer que pour toute autre activité libérale.

D’après service-public.fr, la déclaration de début d’activité d’une micro-entreprise se fait en ligne sur le guichet des formalités des entreprises, au plus tôt 1 mois avant le début d’activité et au plus tard dans les 15 jours qui suivent.

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création, de modification ou de fermeture d’entreprise doivent transiter sur le guichet unique de l’INPI. Ces démarches peuvent être réalisées en autonomie ou avec l’accompagnement d’un professionnel du droit. Pour une activité libérale exercée en micro-entreprise, l’inscription au registre national des entreprises (RNE) est gratuite.

Quel statut juridique choisir pour devenir streamer ?

Le choix d’un statut juridique dépend du niveau de revenus attendu, du montant des frais engagés pour le matériel et les logiciels, et de la place que le streaming occupe dans votre vie professionnelle.

La micro-entreprise permet de démarrer avec des formalités et une comptabilité réduites. Le régime fiscal micro-BNC s’applique aux revenus perçus en 2026 si le chiffre d’affaires hors taxes de 2025 ou de 2024 n’a pas dépassé 83 600 €. En cas d’activité mixte, le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, dont 83 600 € au plus pour les prestations de services.

Quand l’activité grandit, une société (SASU ou EURL) devient une option à étudier. Son bénéfice est soumis à l’impôt sur les sociétés, au taux normal de 25 %. Un taux réduit de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les sociétés qui remplissent les conditions prévues par la loi.

CritèreMicro-entrepriseSociété (SASU ou EURL)
Imposition du bénéficeImpôt sur le revenu, après un abattement forfaitaire de 34 % en BNCImpôt sur les sociétés, 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice sous conditions, puis 25 %
Plafond de chiffre d’affaires83 600 € pour les prestations, 203 100 € en activité mixteAucun plafond lié au régime
Cotisations socialesPourcentage fixe du chiffre d’affaires encaisséSelon le régime social du dirigeant et la rémunération qu’il se verse

Les critères qui guident le choix du statut juridique d’un streamer restent ceux de tout entrepreneur indépendant. Le passage en société est souvent envisagé lorsque les recettes approchent des plafonds du régime micro ou que les frais réels dépassent nettement l’abattement forfaitaire.

Quels impôts et cotisations paie un streamer en micro-entreprise ?

En micro-entreprise, les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé, selon un pourcentage forfaitaire qui inclut l’ensemble des cotisations et contributions sociales. En 2026, ce taux est de 25,6 % pour une activité libérale non réglementée relevant des BNC, et de 12,3 % pour la vente de marchandises.

Le chiffre d’affaires se déclare en ligne auprès de l’Urssaf, chaque mois ou chaque trimestre selon l’option choisie. Lorsqu’il est égal à 0 €, aucune cotisation sociale n’est due. Ces cotisations s’ajoutent aux autres charges d’un auto-entrepreneur, que le streamer anticipe dès ses premiers encaissements.

Côté impôt sur le revenu, le régime micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % sur le chiffre d’affaires déclaré, sans pouvoir être inférieur à 305 €. Le montant restant, qui constitue la base imposable, est soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu avec les autres revenus de votre foyer.

Prenons Hugo, streamer en micro-entreprise, qui encaisse 20 000 € de recettes en 2026 entre abonnements, dons et partenariats. Il verse 5 120 € de cotisations sociales (20 000 € × 25,6 %), et son bénéfice imposable atteint 13 200 € après l’abattement de 34 %.

Comment la TVA s’applique-t-elle aux revenus d’un streamer ?

Un streamer qui débute peut bénéficier de la franchise en base de TVA, qui l’exonère de la déclaration et du paiement de la TVA. Pour une activité libérale, la franchise s’applique en 2026 si le chiffre d’affaires de l’année précédente est inférieur ou égal à 37 500 €, ou si celui de l’année en cours reste inférieur ou égal à 41 250 €. Chaque facture porte alors la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

Le dépassement de ces seuils met fin à la franchise en base de TVA, dès le 1er janvier de l’année suivante pour le seuil de 37 500 € et dès le premier jour de dépassement pour celui de 41 250 €.

Les sommes versées par une plateforme ou une marque établie à l’étranger obéissent à des règles de territorialité. Lorsque vous vendez une prestation à un client professionnel assujetti à la TVA, la TVA due est celle du pays où ce client est établi. Le lieu de la prestation n’est donc pas situé en France, que le client soit établi dans un autre État membre de l’Union européenne ou en dehors.

Si vous relevez d’un régime réel de TVA et que votre client professionnel est établi dans un autre État membre, la facture est établie hors taxes et porte la mention « autoliquidation », le client acquittant la TVA dans son pays. Pour un client professionnel établi hors de l’Union européenne, la facture porte la mention « TVA non applicable, art. 259-1 du CGI ».

D’après service-public.fr, l’entreprise en franchise qui vend une prestation à un client assujetti établi dans un autre État membre doit détenir un numéro de TVA intracommunautaire, à demander depuis son espace professionnel sur impots.gouv.fr, et souscrire une déclaration européenne de services (DES) lorsque les conditions en sont réunies.

Une somme versée par une plateforme en contrepartie de votre activité, le paiement d’une marque et l’achat d’un produit dérivé par un spectateur n’obéissent pas aux mêmes règles. Pour qualifier chaque flux et tenir votre comptabilité, vous pouvez vous tourner vers un expert-comptable comme LS Compta.

Quelles règles respecter lors d’un partenariat avec une marque ?

La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 encadre l’influence commerciale par voie électronique. Son article 1er vise les personnes qui, « à titre onéreux, mobilisent leur notoriété auprès de leur audience » pour promouvoir des biens, des services ou une cause. Un streamer rémunéré par une marque pour présenter un produit pendant ses lives entre dans ce champ.

Depuis l’ordonnance n° 2024-978 du 6 novembre 2024, l’article 5-2 de la loi qualifie de pratique commerciale trompeuse l’absence de mention claire, lisible et compréhensible de l’intention commerciale, lorsque celle-ci ne ressort pas déjà du contexte. Cette intention peut être signalée par les mentions « publicité » ou « collaboration commerciale », ou par une mention équivalente adaptée au format du contenu.

Concrètement, une streameuse payée par un éditeur pour faire découvrir son nouveau jeu affiche clairement la mention « collaboration commerciale » pendant le live concerné.

Le contrat conclu pour une opération d’influence commerciale est, sous peine de nullité, rédigé par écrit (article 8 de la loi). Il précise notamment l’identité des parties, la nature des missions confiées, la contrepartie perçue ainsi que les droits et obligations de chacun. Cette exigence ne s’applique pas lorsque la rémunération reste inférieure à un montant défini par décret en Conseil d’État.

L’article 4 de la loi interdit par ailleurs certaines promotions, parmi lesquelles celles d’actes à visée esthétique pouvant présenter des risques, de produits de nicotine, de certains produits et services financiers ou d’abonnements à des pronostics sportifs.

Les plateformes transmettent-elles vos revenus à l’administration fiscale ?

Les opérateurs de plateforme sont soumis à des obligations déclaratives issues de la directive européenne dite « DAC 7 », transposée par la loi de finances pour 2022 et codifiée aux articles 1649 ter A à 1649 ter E du Code général des impôts. Le dispositif vise la vente de biens, la fourniture de services par des personnes physiques, la location de moyens de transport et la location de biens immobiliers.

Les plateformes concernées adressent à chaque utilisateur ayant perçu des sommes un document indiquant notamment le nombre d’opérations de l’année précédente, le montant net perçu et les frais et taxes prélevés. Elles transmettent ces mêmes informations à l’administration fiscale de l’État où elles sont établies, qui les échange ensuite selon le pays de résidence de l’utilisateur.

Selon impots.gouv.fr, les montants transmis peuvent apparaître dans votre déclaration de revenus préremplie, dans la devise de versement. Il vous appartient de vérifier s’ils sont imposables, de les convertir en euros et de les reporter dans la bonne catégorie de revenus.

L’absence de ces montants dans la déclaration préremplie ne vous dispense pas de déclarer vos revenus. Le récapitulatif annuel que les opérateurs situés dans l’Union européenne vous adressent avant le 31 janvier sert alors de base pour compléter votre déclaration.

FAQ

Comment déclarer des revenus versés en dollars par une plateforme ?

Les montants déclarés par les plateformes figurent dans la devise dans laquelle ils ont été versés. Il vous revient de les convertir en euros avant de les reporter dans la rubrique correspondant à votre régime, BNC pour les revenus tirés de vos lives.

Quand déclarer son chiffre d’affaires de micro-entrepreneur ?

La déclaration se fait en ligne auprès de l’Urssaf, chaque mois ou chaque trimestre selon l’option retenue. La première déclaration intervient au minimum 90 jours après le début de l’activité.

Un streamer doit-il facturer la TVA à une marque française ?

Tout dépend de votre régime. En franchise en base, vous facturez hors taxes avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Si vous relevez d’un régime réel, la prestation vendue à une entreprise établie en France est soumise à la TVA française, que vous collectez puis reversez.

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