Création d'entreprise

Comment devenir chauffeur VTC ?

LS Compta Équipe LS Compta
6 min de lecture

Prendre le volant à son compte attire chaque année de nombreuses personnes en quête d'indépendance et d'horaires souples. Devenir chauffeur VTC ne s'improvise pas pour autant : la profession est encadrée, de l'obtention de la carte professionnelle au choix de la structure dans laquelle vous exercez.

Quelles conditions faut-il remplir pour se lancer ? Quel statut juridique privilégier entre la micro-entreprise et la société ? Comment fonctionne la TVA appliquée au transport de personnes, et quel budget anticiper avant la première course ? Voici les réponses, étape par étape.

Qu'est-ce qu'un chauffeur VTC ?

Le chauffeur VTC, ou conducteur de voiture de transport avec chauffeur, réalise une prestation de transport de personnes uniquement sur réservation préalable. Le client réserve sa course à l'avance, le plus souvent via une application ou un central, et le prix est connu au moment de la réservation.

C'est ce qui distingue le VTC du taxi. Le taxi peut stationner sur la voie publique en attente de clients et être hélé dans la rue, grâce à une autorisation de stationnement. Le VTC, lui, ne pratique ni la maraude ni la prise en charge spontanée, et travaille exclusivement sur commande. Cette différence de régime explique des obligations distinctes en matière d'autorisation et d'immatriculation.

Quelles conditions pour devenir chauffeur VTC ?

Avant de transporter vos premiers clients, vous devez remplir plusieurs conditions personnelles et décrocher la carte professionnelle. Selon service-public.fr, quatre exigences encadrent l'accès à la profession :

  • détenir le permis de conduire de catégorie B depuis au moins 3 ans ;
  • présenter un casier judiciaire compatible, sans les condamnations énumérées à l'article L3122-3 du Code des transports ;
  • justifier d'une aptitude médicale, constatée par un médecin agréé qui rend un avis favorable (formulaire Cerfa n° 14880) ;
  • réussir l'examen VTC.

Le brevet de secourisme, longtemps demandé, n'est plus obligatoire.

Passer l'examen VTC

L'examen VTC est organisé par la chambre de métiers et de l'artisanat (CMA). Il comporte une partie théorique, sous forme de questionnaires sur la réglementation du transport, la sécurité routière, la gestion d'entreprise et les langues, puis une épreuve pratique de conduite d'environ 20 minutes. L'inscription coûte environ 200 €.

Aucune formation VTC n'est légalement imposée pour se présenter. Dans les faits, beaucoup de candidats suivent une préparation, la partie théorique restant exigeante et le taux de réussite limité.

Obtenir la carte professionnelle VTC

Une fois l'examen réussi, vous demandez votre carte professionnelle VTC en ligne. Comptez environ 60 € pour sa fabrication. Cette carte est valable 5 ans. Son renouvellement suppose de suivre un stage de formation continue de 14 heures, puis de déposer une nouvelle demande.

Quel statut juridique choisir pour devenir chauffeur VTC ?

Le chauffeur VTC exerce comme travailleur indépendant. Le choix du statut juridique conditionne directement vos cotisations sociales, votre fiscalité et l'étendue de votre protection sociale.

La micro-entreprise

La micro-entreprise est la voie la plus simple pour débuter : démarches allégées, comptabilité réduite, et des cotisations sociales fixées à 21,2 % du chiffre d'affaires en 2026 pour une prestation de services. De nombreux chauffeurs choisissent de devenir auto-entrepreneur pour tester leur activité, tant que leur chiffre d'affaires annuel reste sous 83 600 € sur la période 2026-2028.

La société (SASU, EURL)

Au-delà d'un certain volume d'activité, créer une société devient pertinent. La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) confère à son président le statut d'assimilé salarié dès lors qu'il se rémunère, avec une protection sociale proche de celle d'un salarié. L'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) relève, elle, du régime des travailleurs non salariés, aux cotisations plus faibles mais à la couverture plus limitée. Dans les deux cas, l'imposition des bénéfices peut relever de l'impôt sur les sociétés, et vous déduisez vos charges réelles (carburant, entretien, assurance, location du véhicule), ce qui pèse souvent lourd dans cette activité.

Quelle fiscalité et quelle TVA pour un chauffeur VTC ?

La fiscalité du chauffeur VTC découle de deux éléments : votre régime d'imposition des revenus et votre situation au regard de la TVA.

L'imposition des revenus

En micro-entreprise, votre bénéfice imposable est calculé après un abattement forfaitaire de 50 % sur le chiffre d'affaires (catégorie des bénéfices industriels et commerciaux), le solde étant soumis au barème de l'impôt sur le revenu. Sur option, le versement libératoire permet de régler cet impôt au fil de l'eau, à hauteur de 1,7 % du chiffre d'affaires.

En société soumise à l'impôt sur les sociétés, le bénéfice est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 €, puis à 25 % au-delà, après déduction de la rémunération du dirigeant et des charges d'exploitation. Cette mécanique de déduction des frais réels (véhicule, carburant, entretien) constitue souvent l'argument décisif pour un chauffeur dont les dépenses sont élevées.

La TVA du chauffeur VTC

Le transport de personnes relève du taux réduit de TVA de 10 %, en application de l'article 279 du Code général des impôts. La TVA facturée à vos clients correspond donc à 10 % du prix de la course.

La franchise en base de TVA vous en dispense tant que votre chiffre d'affaires reste sous 37 500 €, avec un seuil de tolérance de 41 250 €. Sous ce plafond, vous ne facturez pas de TVA et n'avez aucune déclaration à produire, ce qui simplifie la gestion, en particulier face à une clientèle de particuliers. Ces seuils sont restés inchangés en 2026.

Attention : contrairement à une idée répandue, un chauffeur VTC assujetti à la TVA ne peut pas déduire la TVA sur l'achat de son véhicule. Les voitures conçues pour le transport de personnes sont exclues du droit à déduction, et cette exclusion s'applique aux VTC. La TVA reste en revanche déductible sur vos autres dépenses professionnelles dès lors que vous y êtes assujetti.

Le choix entre franchise et assujettissement à la TVA n'est donc jamais neutre. Il dépend de votre clientèle, de votre volume de courses et de vos dépenses récupérables, et un mauvais arbitrage peut peser sur votre marge.

Service LS Compta : entre le choix du statut, le régime d'imposition et la gestion de la TVA, la fiscalité d'un chauffeur VTC se révèle vite technique. Cabinet d'expertise comptable en ligne, LS Compta accompagne les indépendants du transport dans leurs déclarations, le suivi de leur chiffre d'affaires et l'optimisation de leurs charges, pour sécuriser chaque décision.

Comment créer son entreprise de VTC et s'inscrire au registre VTC ?

Une fois votre statut choisi, deux formalités restent à accomplir : immatriculer votre entreprise et inscrire votre activité au registre des VTC.

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création d'entreprise transitent par le guichet unique de l'INPI. Ces démarches peuvent être réalisées en autonomie ou avec l'accompagnement d'un professionnel du droit. En micro-entreprise, l'inscription se résume à une déclaration de début d'activité. Pour une société, elle suppose de rédiger des statuts, de constituer un capital social, de publier une annonce légale, puis de déposer le dossier d'immatriculation. Les entrepreneurs qui souhaitent créer une SASU confient souvent la rédaction des statuts à un professionnel.

L'inscription au registre des VTC, géré par le ministère chargé des transports, est obligatoire pour exercer. Elle coûte 170 € et doit être renouvelée tous les 5 ans. Elle donne droit à une vignette à apposer sur le véhicule, qui atteste de votre droit de circuler comme VTC. Vous devez enfin souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle couvrant le transport de personnes.

Quel budget et quelle rémunération pour un chauffeur VTC ?

Le budget pour devenir chauffeur VTC combine des frais d'accès à la profession et l'équipement. Du côté des démarches, comptez environ 200 € pour l'examen, environ 60 € pour la carte professionnelle et 170 € pour l'inscription au registre des VTC. La formation, facultative, varie fortement selon l'organisme et le format retenus.

Le véhicule VTC reste le premier poste de dépense. Pour être agréé, il doit avoir moins de 7 ans (sauf véhicule de collection), disposer d'au moins 4 portes, mesurer au minimum 4,50 m de long et 1,70 m de large, et afficher une puissance d'au moins 84 kW. À cela s'ajoutent l'assurance professionnelle et le carburant.

Côté revenus, la rémunération d'un chauffeur VTC dépend du nombre d'heures travaillées, des tarifs pratiqués et des commissions prélevées par les plateformes de réservation. Le revenu réellement disponible se calcule en retranchant du chiffre d'affaires ces commissions, les charges d'exploitation (carburant, entretien, assurance) et les cotisations sociales, qui représentent 21,2 % du chiffre d'affaires en micro-entreprise. Suivre cette rentabilité réelle suppose une comptabilité rigoureuse, et faire appel à un expert-comptable spécialisé dans les VTC permet de fiabiliser ces calculs et d'arbitrer entre les statuts.

Exemple : Karim se lance en micro-entreprise et réalise 4 000 € de chiffre d'affaires sur le mois. Après une commission de plateforme de 25 % (1 000 €), ses charges d'exploitation (environ 800 €) et ses cotisations sociales (21,2 % du chiffre d'affaires, soit 848 €), son revenu disponible avoisine 1 350 € sur ce mois, avant impôt sur le revenu.

Sources

FAQ

Peut-on devenir chauffeur VTC sans diplôme ?
Oui, aucun diplôme n'est requis. Seuls comptent la réussite de l'examen VTC et la détention du permis B depuis au moins 3 ans. C'est l'examen qui conditionne la délivrance de la carte professionnelle.
Peut-on exercer comme VTC tout en étant salarié ?
Oui, le cumul est possible. Veillez toutefois à respecter votre obligation de loyauté envers votre employeur et, le cas échéant, une éventuelle clause d'exclusivité prévue à votre contrat de travail.
Faut-il travailler avec une plateforme comme Uber ou en direct ?
Les deux sont possibles. Les plateformes apportent un volume de courses contre une commission, tandis que le travail en direct préserve votre marge mais suppose de constituer votre propre clientèle.

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