La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est un statut plébiscité par les entrepreneurs qui souhaitent se lancer seuls. Son succès s'explique par sa capacité à combiner les avantages d'une société de capitaux (protection du patrimoine) avec une flexibilité de gestion sans équivalent sur le marché.
Quelles sont les étapes obligatoires pour créer une SASU ? Combien coûte cette création ? Qui peut vous accompagner pour sécuriser vos formalités ? Quelles aides peuvent alléger le démarrage de votre activité ? Tour d'horizon des points clés à maîtriser pour réussir le lancement de votre société.
L'essentiel de l'article :
- La SASU est une SAS unipersonnelle, régie par les articles L227-1 à L227-20-1 du Code de commerce, qui permet de se lancer seul tout en limitant la responsabilité de l'associé unique à son apport.
- La création repose sur quatre étapes obligatoires : rédaction des statuts, dépôt du capital social (1 € minimum), publication d'une annonce légale et immatriculation sur le Guichet unique de l'INPI.
- Le coût total des formalités dépend du niveau d'accompagnement choisi : autonomie via le Guichet unique, plateforme juridique en ligne, avocat ou expert-comptable.
- Plusieurs aides peuvent alléger le démarrage de l'activité : ACRE, ARCE et maintien de l'ARE pour les demandeurs d'emploi.
Qu’est-ce qu’une SASU ?
Pour bien choisir votre statut, la première étape est de comprendre ce qu’est une SASU et pourquoi elle est si souvent choisie par les créateurs d’entreprise - en plus de la micro-entreprise.
SASU : définition
La SASU est la version unipersonnelle de la Société par Actions Simplifiée (SAS), définie par les articles L227-1 à L227-20-1 du Code de commerce. C'est ce qu’on appelle une “société de capitaux” qui n'est composée que d'un seul associé, lequel détient l'intégralité du capital social. Juridiquement, elle est une personne morale distincte de son fondateur et dispose d'un patrimoine propre.
Le sigle SASU est l’acronyme de Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle. Elle est une forme de société commerciale plébiscitée par les entrepreneurs individuels car elle offre une grande liberté d'organisation. C'est la forme juridique idéale si vous voulez vous lancer seul avec un projet à fort potentiel de croissance !
À noter : la SASU est une forme juridique bien distincte de la micro-entreprise (qui est une entreprise individuelle, sans personnalité morale) et de l'EURL (version unipersonnelle de la SARL, avec un régime social moins souple).
Les caractéristiques de la SASU
La SASU présente des caractéristiques, décrits dans les articles R227-1-1 à D227-3 du Code de commerce, qui la rendent unique parmi les autres types de structures juridique :
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Caractéristique |
Description |
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Nombre d’actionnaire |
Un seul associé unique, personne physique ou morale. |
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Responsabilité |
La responsabilité de l’associé unique est limitée au montant de ses apports au capital. |
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Capital social |
Montant libre (1 € symbolique minimum). Le capital est divisé en actions. |
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Direction |
La SASU est dirigée par un président, qui est le représentant légal (personne physique ou morale). |
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Statut social |
Le président est assimilé-salarié (régime général) s’il est rémunéré. |
Bon à savoir : le président de SASU est le seul organe de direction obligatoire. Il est le représentant légal de la société. Le président peut être une personne physique (le cas le plus courant) ou une personne morale (une autre société), ce qui est une grande liberté offerte par le statut. Le fait d'être président lui confère la qualité de dirigeant et lui impose des obligations légales, notamment en matière de gestion et de responsabilité.
Et si on veut être plusieurs dans une SASU ?
La SASU est par définition unipersonnelle. Comment faire pour être plusieurs ?
- L'entrée d'un associé. La SASU devient automatiquement une SAS (Société par Actions Simplifiée) dès la cession d'une seule action ou l'entrée d'un nouvel associé. Les démarches sont très simples, sans formalité de transformation complexe.
- Engager un salarié. La SASU vous permet d'embaucher des salariés sans changer de statut. Le salarié est lié par un contrat de travail classique, tandis que l'associé unique reste le dirigeant de la société.
Créer une SASU : avantages et inconvénients
La création d’une SASU possède ses propres défauts et atouts. Entre liberté statutaire et formalités plus lourdes, Legalstart fait le point pour la SASU de ses avantages et inconvénients.
Les avantages de la SASU
La SASU est reconnue pour sa capacité à offrir une grande sécurité juridique et financière tout en maintenant une souplesse de gestion maximale. L'un des atouts majeurs réside dans l'organisation statutaire : en tant qu'associé unique, vous bénéficiez d'une grande liberté statutaire pour définir les règles de fonctionnement de la société sans les contraintes rigides du Code de commerce applicables à la SARL. Vous pouvez ainsi organiser la gouvernance, les modalités de prise de décision, et les pouvoirs du président sur mesure.
Le régime social est également un avantage clé : le président de SASU, s’il est rémunéré pour son mandat, est affilié au régime général de la Sécurité sociale en tant qu'assimilé-salarié. Cette affiliation lui confère une protection sociale étendue et sécurisante, comparable à celle d'un salarié classique (maladie, retraite).
De plus, la SASU est la structure idéale pour l'évolution de l'entreprise. La transformation de SASU en SAS est extrêmement simple et rapide, sans lourdeur administrative : l'entrée de nouveaux associés se fait par une simple cession d'actions, ce qui attire les investisseurs et facilite les levées de fonds futures.
Bon à savoir : l'associé unique de la SASU peut choisir de se rémunérer via un salaire ou des dividendes. Le versement d'un salaire est soumis aux charges sociales élevées, mais valide des droits sociaux (retraite, maladie). Le versement de dividendes est soumis à la flat tax (30 %) et est moins coûteux en charges sociales, mais n'ouvre aucun droit social. L'entrepreneur peut choisir de se verser un salaire minimal pour valider les trimestres de retraite, et de compléter ses revenus avec des dividendes pour une fiscalité allégée.
Les inconvénients de la SASU
Malgré ces atouts, la SASU comporte des inconvénients majeurs qu'il est indispensable d'intégrer dans votre analyse ! Le premier et le plus souvent cité est le coût des cotisations sociales.Si vous choisissez de vous verser une rémunération pour bénéficier de la couverture maladie et des droits à la retraite, le montant total des cotisations (salarié et employeur) représente environ 75 % à 80 % de votre salaire net. Ce taux est significativement plus élevé que le régime TNS (Travailleurs Non Salariés) applicable en EURL, où les charges sont d'environ 45 % du revenu
De plus, la grande liberté de la SASU se traduit par une rédaction des statuts complexe. Un mauvais encadrement des règles peut créer des incertitudes juridiques, notamment en cas de litige ou de transformation future.
Enfin, les formalités de création SASU sont plus lourdes et plus coûteuses que pour une micro-entreprise (rédaction d'acte, dépôt du capital social, publication d'une annonce légale).
Attention : malgré le statut d'assimilé-salarié, le président de SASU ne cotise pas à l’assurance chômage auprès de France Travail.
Comment créer une SASU ? Les démarches à accomplir
La procédure de création de SASU se déroule en plusieurs étapes obligatoires, qui sont désormais centralisées et dématérialisées :
- rédaction de statuts ;
- dépôt du capital social ;
- publication de l’avis de constitution ;
- immatriculation de la SASU.
1. La rédaction des statuts
La rédaction des statuts est l'acte fondateur de votre SASU. Ils doivent être rédigés par écrit (acte sous seing privé ou acte notarié) et comporter :
- la dénomination sociale (le nom de votre société) ;
- l'objet social (les activités exercées) ;
- l'adresse du siège social ;
- le montant du capital social ;
- la nomination du président et l'organisation de la gouvernance.
En pratique : en tant qu'associé unique, vous avez la liberté d'insérer des clauses pour organiser la gouvernance (pouvoirs du président) et la transmission des actions (clause d’agrément ou de préemption).
2. Le dépôt du capital social
Le capital social doit être déposé sur un compte bloqué auprès d'une banque ou d'un notaire. Les apports peuvent être en numéraire (argent) ou en nature (biens). Les apports en numéraire doivent être libérés d'au moins la moitié à la création SASU. Un certificat de dépôt des fonds vous sera remis, document indispensable pour l'immatriculation.
Zoom : l'apport en nature doit obligatoirement être évalué par un commissaire aux apports si sa valeur dépasse un certain seuil ou si les apports en nature représentent plus de la moitié du capital social. L'apport en industrie (compétences, savoir-faire) est possible en SASU, mais il ne contribue pas au montant du capital social.
3. La publication de l’avis de constitution
Vous devez publier un avis de constitution de la SASU dans un Journal d'Annonces Légales (JAL) du département du siège social. Cette publication a pour but d'informer les tiers de la création de SASU.
4. L’immatriculation de la SASU
La demande d'immatriculation de votre SASU se fait en ligne sur le Guichet unique de l'INPI, qui a remplacé les anciens Centres de Formalités des Entreprises (CFE). Il faut alors compléter le formulaire en ligne et joindre les pièces justificatives :
- les statuts signés ;
- l'attestation de dépôt du capital ;
- l'attestation de parution au JAL ;
- la déclaration des bénéficiaires effectifs.
Une fois le dossier validé par le greffe du Tribunal de commerce, vous recevrez votre extrait Kbis.
Quelles sont les aides pour créer une SASU ?
Plusieurs dispositifs publics peuvent sécuriser le financement et le démarrage d'une SASU. Trois mécanismes sont à connaître : l'ACRE, l'ARCE et le maintien de l'ARE.
L'ACRE
L'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise (ACRE) ouvre droit à une exonération partielle de cotisations sociales pendant 12 mois.
Pour les sociétés, dont la SASU, le taux d'exonération est de 25 % depuis le 1er janvier 2026, dans la limite de 36 045 € (75 % du plafond annuel de la sécurité sociale).
La demande est devenue obligatoire et doit être transmise à l'Urssaf dans les 60 jours suivant l'immatriculation, sous peine de perdre le bénéfice de l'aide.
L'éligibilité suppose de ne pas avoir bénéficié du dispositif au cours des trois années précédentes.
L'ARCE
L'aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE) permet aux demandeurs d'emploi indemnisés de percevoir 60 % du reliquat de leurs droits ARE sous forme de capital, en deux versements espacés de six mois.
Bon à savoir : cette aide est cumulable avec l'ACRE.
Le maintien de l'ARE
À défaut de choisir l'ARCE, le créateur peut continuer à percevoir son allocation de retour à l'emploi (ARE) tant qu'il ne se rémunère pas en tant que président de SASU.
Depuis avril 2025, le cumul de l'ARE avec une rémunération de mandataire est plafonné à 60 % du reliquat des droits restants.
Qui peut vous aider pour créer une SASU ?
Vous vous demandez comment créer une SASU, à qui faire appel ? La création de SASU peut s’avérer complexe, surtout qu’elle exige une rigueur juridique et administrative ! Pour sécuriser votre démarche, vous pouvez vous faire accompagner par des professionnels.
Les plateformes juridiques en ligne
Elles proposent un service pour la création de SASU en ligne, de la génération des statuts à l'immatriculation. C'est une solution économique et rapide qui vous permet de déléguer les formalités administratives.
Avec Legalstart, vous êtes guidé pas à pas pour éviter les erreurs et lancer votre activité en toute sérénité.
Les cabinets d'avocats
L'avocat apporte une expertise sur mesure, particulièrement utile en présence d'apports en nature, de clauses statutaires complexes ou d'un montage avec holding.
Les cabinets d'expert-comptables
L'expert-comptable intervient en complément des profils ci-dessus. Son rôle porte sur les choix fiscaux structurants au moment de la création (option IS ou IR pour 5 ans, choix entre rémunération et dividendes, optimisation de la rémunération du président) et sur la mise en place de la comptabilité dès les premiers mois d'activité.
Il prend ensuite en charge la production des comptes annuels, la liasse fiscale et l'ensemble des déclarations périodiques.
Bon à savoir : LS Compta, cabinet d'expertise comptable du groupe Legalstart, prend en charge la création de votre SASU dans le cadre de votre contrat de comptabilité.
FAQ
Comment créer une SASU soi-même ?
Comment créer une SASU soi-même implique de maîtriser toutes les étapes de la procédure : rédaction des statuts, dépôt du capital, publication de l'annonce légale, et dépôt du dossier en ligne sur le Guichet unique de l'INPI. C'est une option économique mais qui exige des connaissances juridiques pour éviter les erreurs.
Faut-il un expert-comptable pour créer une SASU ?
La loi n'impose pas de recourir à un expert-comptable pour créer ou gérer une SASU. La SASU est toutefois soumise à des obligations comptables strictes : tenue des livres comptables, établissement des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe), dépôt au greffe et liasse fiscale. Faire appel à un expert-comptable dès la création sécurise ces obligations et permet d'optimiser les choix fiscaux structurants dès la première année d'activité.
Quel coût pour créer une SASU ?
Le coût minimum se compose de la publication de l'annonce légale (142 € en métropole), des frais d'immatriculation au RNE et de la déclaration des bénéficiaires effectifs prélevés par le Guichet unique. Le capital social s'ajoute (1 € minimum), avec au moins 50 % à libérer à la création. Si vous déléguez la rédaction des statuts, le coût augmente selon le prestataire choisi.