Analyse financière

Qu’est-ce qu’un bilan financier et comment l’établir et l’analyser ?

Équipe LS Compta Équipe LS Compta
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La flat tax est le terme utilisé pour parler du prélèvement forfaitaire unique ou PFU. Il s’agit de l’imposition forfaitaire appliquée à certains revenus financiers, dont les dividendes perçus par les associés d’une société. Le régime de la flat tax simplifie l’imposition des dividendes notamment. Toutefois, pour savoir s’il s’agit du meilleur régime d’imposition pour vous, il est important d’en connaître les rouages et les alternatives.

Une banque sollicitée pour un prêt, un investisseur qui étudie une prise de participation ou un repreneur qui examine une cible se posent tous la même question, celle de savoir si cette entreprise pourra payer ses dettes à leur échéance. Le bilan comptable ne répond pas directement à cette interrogation, car il classe les postes selon leur nature et non selon leur délai.

C’est précisément le rôle du bilan financier. Comment se distingue-t-il du bilan comptable ? Quels retraitements faut-il opérer pour l’établir ? Et quels ratios en tirer pour juger de la santé financière d’une société ?

Qu’est-ce qu’un bilan financier ?

Le bilan financier est une présentation retraitée du bilan comptable, établie à une date donnée, qui classe l’actif selon sa liquidité et le passif selon son exigibilité. Il mesure la solvabilité de l’entreprise, c’est-à-dire la capacité des actifs qu’elle peut transformer en argent à couvrir les dettes qu’elle devra rembourser, échéance par échéance.

Son approche est dite patrimoniale ou liquidative. Le bilan financier raisonne comme si l’entreprise devait honorer l’ensemble de ses engagements, en retenant pour chaque élément sa valeur réelle et son échéance, avec une frontière fixée à un an.

Bilan financier et bilan comptable : quelles différences ?

Le bilan comptable fait partie des comptes annuels que la plupart des sociétés établissent à la clôture de l’exercice. Il suit la présentation du plan comptable général : actif immobilisé, actif circulant, capitaux propres, provisions et dettes, chaque poste étant inscrit à sa valeur comptable.

Le bilan financier part de ces mêmes chiffres, mais il les réorganise. Une créance client à dix-huit mois et une créance à trente jours figurent dans le même poste du bilan comptable ; elles sont séparées dans le bilan financier, parce qu’elles n’ont pas la même liquidité. De même, le résultat de l’exercice est réparti entre ce qui reste dans l’entreprise et ce qui sera versé aux associés.

Bilan financier et bilan fonctionnel : quelles différences ?

Le bilan fonctionnel poursuit un autre objectif. Il classe les emplois et les ressources selon leur fonction, qu’il s’agisse d’investissement, de financement ou d’exploitation, pour analyser l’équilibre de l’activité courante. Il s’appuie sur des valeurs brutes et ne cherche pas à mesurer la capacité de remboursement.

Les deux outils sont complémentaires. Le bilan financier intéresse d’abord les prêteurs et les créanciers, qui veulent savoir si l’entreprise est solvable. Le bilan fonctionnel sert plutôt au dirigeant qui pilote ses cycles d’exploitation et le financement de ses investissements.

À quoi sert le bilan financier ?

Le bilan financier sert avant tout à évaluer la capacité d’une entreprise à faire face à ses engagements. Il est utilisé dans plusieurs situations :

  • une demande de prêt, la banque analysant la solvabilité avant d’accorder un financement ;
  • une levée de fonds ou une entrée au capital, pour apprécier la solidité de la société ;
  • une cession ou une reprise d’entreprise, pour estimer la valeur réelle du patrimoine ;
  • le pilotage interne, pour anticiper un éventuel manque de liquidités.

Il permet aussi de prévoir les besoins de financement. Lorsque les actifs disponibles à court terme ne suffisent pas à couvrir les dettes de même échéance, l’entreprise doit trouver des ressources supplémentaires, ce qui rejoint l’analyse du besoin en fonds de roulement.

Aucun texte n’impose d’établir un bilan financier en tant que tel. L’obligation porte sur les comptes annuels, c’est-à-dire le bilan comptable, le compte de résultat et l’annexe : après leur approbation, le dirigeant d’une société commerciale les dépose au greffe, comme le précise la fiche dédiée du site entreprendre.service-public.gouv.fr. Le bilan financier est construit à partir de ces comptes, à l’initiative de l’entreprise ou à la demande d’un financeur.

À noter : le micro-entrepreneur ne tient pas une comptabilité complète. Ses obligations se limitent à un livre des recettes encaissées et, pour une activité commerciale, à un registre des achats. L’analyse de sa situation financière ne passe donc pas par un bilan financier.

Comment passer du bilan comptable au bilan financier ?

Pour établir un bilan financier, on reprend le bilan comptable après l’affectation du résultat, puis on applique une série de retraitements. Les principaux sont les suivants.

RetraitementCe qu’il faut faire
Affectation du résultatLa part du résultat mise en réserve reste dans les capitaux propres. Les dividendes votés sont reclassés en dettes à moins d’un an.
Reclassement par échéanceChaque créance et chaque dette est répartie entre « plus d’un an » et « moins d’un an », y compris la part d’un emprunt remboursable dans l’année.
Élimination de l’actif fictifLes frais d’établissement et les charges sans valeur de revente sont retirés de l’actif et déduits des capitaux propres.
Valeur réelle des actifsUn bien dont la valeur de marché diffère de sa valeur comptable est réévalué, l’écart venant augmenter ou diminuer les capitaux propres.
Stock-outilLe stock minimum indispensable à l’activité est reclassé en actif à plus d’un an, car il ne sera pas vendu à court terme.

Ces retraitements ont un point commun. Ils font apparaître l’entreprise telle qu’elle se présenterait à un créancier. Un actif qui ne se vendra pas, ou pas rapidement, n’offre pas de garantie de remboursement à court terme. Le dossier d’un établissement financier peut ajouter d’autres retraitements, par exemple sur les engagements hors bilan.

Comment se présente un bilan financier ?

Le bilan financier prend la forme d’un tableau à deux colonnes. À gauche, l’actif est classé par liquidité croissante, des éléments les plus durables aux plus disponibles. À droite, le passif est classé par exigibilité croissante, des ressources les plus stables aux dettes les plus proches de leur échéance.

ActifPassif
Actif à plus d’un an : actif immobilisé net, créances à plus d’un an, stock-outilPassif à plus d’un an : capitaux propres retraités, dettes à plus d’un an
Actif à moins d’un an : stocks, créances à moins d’un an, valeurs mobilières de placement, disponibilitésPassif à moins d’un an : dettes financières, fournisseurs, fiscales et sociales à moins d’un an, dividendes à verser

L’actif circulant du bilan comptable se retrouve donc éclaté entre les deux masses de l’actif. Le total de l’actif reste égal au total du passif, mais ce total diffère généralement de celui du bilan comptable, puisque l’actif fictif a été retiré.

Exemple de bilan financier d’une PME

Sophie dirige une société de négoce de matériel professionnel. À la clôture, son bilan comptable affiche un total de 212 000 €. Il comprend 120 000 € d’immobilisations nettes, 2 000 € de frais d’établissement, 40 000 € de stocks, 35 000 € de créances clients à moins d’un an et 15 000 € de disponibilités. Au passif figurent 100 000 € de capitaux propres, dont un résultat de 20 000 €, un emprunt de 60 000 € et 52 000 € de dettes fournisseurs, fiscales et sociales.

Trois informations permettent de retraiter ce bilan : l’assemblée a décidé de verser 8 000 € de dividendes, 12 000 € de l’emprunt sont remboursables dans l’année, et 10 000 € de stock constituent un stock-outil. Après retraitement, le bilan financier se présente ainsi.

ActifMontantPassifMontant
Immobilisations nettes120 000 €Capitaux propres retraités90 000 €
Stock-outil10 000 €Emprunt à plus d’un an48 000 €
Total actif à plus d’un an130 000 €Total passif à plus d’un an138 000 €
Stocks30 000 €Emprunt à moins d’un an12 000 €
Créances clients35 000 €Dividendes à verser8 000 €
Disponibilités15 000 €Fournisseurs, fiscal et social52 000 €
Total actif à moins d’un an80 000 €Total passif à moins d’un an72 000 €
Total210 000 €Total210 000 €

Les capitaux propres retraités s’obtiennent en retirant des 100 000 € initiaux les 2 000 € d’actif fictif et les 8 000 € de dividendes, devenus une dette. Le total passe ainsi de 212 000 € à 210 000 €, l’écart correspondant aux frais d’établissement éliminés.

Comment analyser un bilan financier ?

L’analyse d’un bilan financier commence par une lecture des masses, pour vérifier que les ressources à plus d’un an financent les actifs à plus d’un an. La différence entre les deux donne le fonds de roulement financier. Positif, il indique qu’une partie des ressources stables finance aussi l’actif à court terme, ce qui offre une marge de sécurité.

Plusieurs ratios complètent cette lecture. Ils se calculent directement à partir des masses du bilan financier.

IndicateurCalculCe qu’il mesure
Ratio de liquidité généraleActif à moins d’un an ÷ passif à moins d’un anLa couverture des dettes à court terme par l’ensemble des actifs à court terme
Ratio de liquidité réduiteCréances à moins d’un an et disponibilités, rapportées au passif à moins d’un anLa même couverture, sans compter sur la vente des stocks
Ratio de liquidité immédiateDisponibilités ÷ passif à moins d’un anLa capacité à payer les dettes à court terme avec la seule trésorerie
Ratio de solvabilité généraleTotal de l’actif ÷ total des dettesLa capacité à rembourser toutes les dettes en vendant l’actif
Autonomie financièreCapitaux propres ÷ total du passifLa part de l’entreprise financée par ses propres ressources

Appliqués au bilan de Sophie, ces indicateurs donnent un fonds de roulement financier de 8 000 € et un ratio de liquidité générale de 1,11, signe que les actifs à court terme couvrent les dettes de même échéance. Le ratio de liquidité réduite tombe en revanche à 0,69. Sans écouler ses stocks, la société ne pourrait pas régler toutes ses dettes à moins d’un an. Son autonomie financière, proche de 43 %, et une solvabilité générale de 1,75 traduisent une structure saine.

Un ratio isolé ne suffit pas à conclure. Les écarts s’apprécient au regard du secteur d’activité, de l’évolution d’un exercice à l’autre et de la trésorerie nette de l’entreprise, qui renseigne sur sa capacité à absorber un imprévu.

Bon à savoir : établir un bilan financier suppose des comptes annuels fiables et des retraitements justifiés. Un expert-comptable comme LS Compta peut vous accompagner pour présenter des comptes clairs à votre banque ou à vos investisseurs.

FAQ

Une association doit-elle établir un bilan financier ?

Aucune règle n’impose à une association d’établir un bilan financier. Certaines associations doivent en revanche nommer un commissaire aux comptes, notamment lorsqu’elles reçoivent au moins 153 000 € de subventions publiques, hors subventions européennes, selon le site service-public.gouv.fr. Leurs comptes annuels peuvent alors servir de base à une analyse financière.

Quelle différence entre bilan financier et compte de résultat ?

Le compte de résultat retrace les produits et les charges de l’exercice et dégage un bénéfice ou une perte. Le bilan financier décrit le patrimoine de l’entreprise à une date donnée, classé selon la liquidité et l’exigibilité. Les deux se lisent ensemble, le résultat de l’exercice venant modifier les capitaux propres du bilan.

À quelle fréquence établir un bilan financier ?

Aucune périodicité n’est imposée. Le bilan financier est généralement établi à partir des comptes annuels, à chaque clôture d’exercice, ou à l’occasion d’une demande de financement. Une situation comptable intermédiaire peut aussi servir de base en cours d’exercice.

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