Chaque kilomètre parcouru avec votre véhicule personnel pour les besoins de votre activité a un coût bien réel : carburant, entretien, assurance et usure s'accumulent au fil de l'année. Plutôt que d'additionner chaque dépense, justificatif par justificatif, l'administration fiscale met à disposition un forfait qui transforme vos kilomètres professionnels en montant déductible.
Quel est le barème kilométrique applicable en 2026 ? Comment calculer vos frais selon la puissance de votre voiture ou de votre deux-roues ? Qui peut réellement en bénéficier et comment le reporter sur sa déclaration ? Voici tout ce qu'il faut savoir pour déduire vos déplacements au juste montant.
Qu'est-ce que le barème kilométrique ?
Le barème kilométrique est un tarif forfaitaire, exprimé en euros par kilomètre, publié chaque année par l'administration fiscale. Il sert à évaluer le coût d'utilisation d'un véhicule pour des déplacements professionnels, sans avoir à justifier chaque dépense au centime près. Vous appliquez une formule à votre nombre de kilomètres professionnels et vous obtenez directement le montant déductible.
Ce forfait n'a rien d'arbitraire. Il intègre cinq postes de dépenses :
- la dépréciation du véhicule, c'est-à-dire son usure ;
- les frais de réparation et d'entretien ;
- les dépenses de pneumatiques ;
- la consommation de carburant ;
- les primes d'assurance.
Comme la dépréciation est déjà comprise dans le forfait, le barème vous dispense de pratiquer poste par poste le calcul de l'amortissement du véhicule. Certains frais restent toutefois exclus du barème et déductibles séparément, au prorata de l'usage professionnel : les frais de péage, les frais de stationnement et les intérêts d'un emprunt ayant financé l'achat du véhicule.
Le barème kilométrique 2026 des voitures
Pour la déclaration 2026, qui porte sur les revenus de 2025, le barème des voitures reste identique à celui de l'an dernier. Il n'a pas été revalorisé pour la troisième année consécutive, la dernière hausse remontant à 2023. Le tarif dépend de deux paramètres : la puissance fiscale du véhicule et la distance annuelle parcourue à titre professionnel, désignée par la lettre d dans les formules. Ce barème, publié par l'administration au Journal officiel, s'applique aux véhicules thermiques, hybrides et à hydrogène.
| Puissance fiscale | Jusqu'à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Pour les véhicules dont la puissance dépasse 7 CV, c'est la dernière ligne qui s'applique, le barème étant plafonné à cette puissance. Les véhicules électriques bénéficient quant à eux d'une majoration de 20 % appliquée automatiquement au montant obtenu.
Bon à savoir : les véhicules hybrides et à hydrogène relèvent du même barème que les voitures thermiques. Seuls les véhicules 100 % électriques ouvrent droit à la majoration de 20 %.
En pratique, plus vous parcourez de kilomètres, plus le tarif moyen au kilomètre diminue, la tranche intermédiaire intégrant une part fixe forfaitaire qui lisse le coût.
Le barème kilométrique des deux-roues
Les motos, scooters et cyclomoteurs disposent de leur propre barème. Il repose sur le même principe que celui des voitures, mais avec des tranches de distance différentes, fixées à 3 000 et 6 000 km. La distinction se fait selon la cylindrée du véhicule.
Pour les motocyclettes d'une cylindrée supérieure à 50 cm³, le barème distingue trois niveaux de puissance :
| Puissance | Jusqu'à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| 1 ou 2 CV | d × 0,395 | (d × 0,099) + 891 | d × 0,248 |
| 3, 4 ou 5 CV | d × 0,468 | (d × 0,082) + 1 158 | d × 0,275 |
| Plus de 5 CV | d × 0,606 | (d × 0,079) + 1 583 | d × 0,343 |
Pour les cyclomoteurs et vélomoteurs de moins de 50 cm³, un barème unique s'applique, quelle que soit la puissance :
| Jusqu'à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|
| d × 0,315 | (d × 0,079) + 711 | d × 0,198 |
Le mode de calcul reste identique à celui des voitures : vous repérez votre tranche de distance, puis vous appliquez la formule correspondante.
Comment calculer vos frais kilométriques ?
Le calcul repose sur deux informations : la puissance fiscale de votre véhicule et le nombre de kilomètres professionnels parcourus dans l'année. La puissance fiscale figure sur votre certificat d'immatriculation, au repère P.6 de la carte grise. La distance d correspond aux seuls kilomètres effectués pour votre activité, à l'exclusion des trajets purement personnels.
Prenons un consultant qui parcourt 8 000 km professionnels dans l'année avec une voiture de 5 CV. Il relève de la tranche allant de 5 001 à 20 000 km. Son calcul est le suivant : (8 000 × 0,357) + 1 395, soit 4 251 € de frais kilométriques déductibles. Avec un véhicule électrique de même puissance, ce montant serait porté à 5 101 € après la majoration de 20 %.
Astuce : pour éviter toute erreur de tranche, le simulateur officiel des impôts calcule le montant exact une fois la puissance et le kilométrage renseignés.
Vous n'avez pas à conserver vos factures de carburant ou d'entretien. En revanche, vous devez pouvoir justifier le kilométrage et le caractère professionnel de vos trajets, par exemple à l'aide d'un agenda ou d'un carnet de bord, en cas de contrôle.
Qui peut utiliser le barème kilométrique ?
Le barème s'adresse à toute personne qui utilise son véhicule personnel pour son activité, mais ses modalités varient selon le statut.
Les salariés peuvent renoncer à l'abattement automatique de 10 % sur leurs salaires pour déclarer leurs frais réels. Le barème leur permet alors de chiffrer leurs trajets entre le domicile et le lieu de travail ainsi que leurs déplacements professionnels. Les travailleurs indépendants imposés au régime réel, en BIC comme en BNC, peuvent eux aussi appliquer le barème à leur véhicule personnel affecté à l'activité, à condition de ne pas l'avoir inscrit à l'actif de l'entreprise.
En société, l'entreprise peut verser au dirigeant ou au salarié qui utilise son véhicule personnel des indemnités kilométriques calculées sur le barème. Ces remboursements sont exonérés de cotisations et d'impôt pour le bénéficiaire tant qu'ils respectent le barème, et constituent une charge déductible pour l'entreprise. Si la société met au contraire un véhicule à disposition permanente du dirigeant, il ne s'agit plus d'un remboursement mais d'un avantage en nature, soumis à ses propres règles. Pour sécuriser cet arbitrage, il est possible de se faire accompagner par un expert-comptable comme LS Compta.
Les micro-entrepreneurs, en revanche, ne peuvent pas utiliser ce barème, car leur abattement forfaitaire est réputé couvrir l'ensemble de leurs charges, frais de déplacement compris.
Comment déclarer vos frais kilométriques ?
Pour un salarié, la déduction passe par la déclaration de revenus. Vous renoncez à l'abattement de 10 % en inscrivant le total de vos frais réels dans la case prévue à cet effet, puis vous détaillez votre calcul kilométrique dans une note explicative jointe à la déclaration. Pour un travailleur indépendant, les frais kilométriques s'intègrent à la comptabilité et viennent diminuer le résultat imposable de l'activité.
Dans tous les cas, vous conservez les éléments qui justifient vos kilomètres : nature des déplacements, dates et distances. Vous pouvez ajouter aux frais kilométriques les dépenses que le barème ne couvre pas, comme les frais de péage et de stationnement, toujours au prorata de votre usage professionnel.
Attention : le régime des frais réels n'a d'intérêt que si leur total dépasse l'abattement de 10 % appliqué par défaut sur les salaires. En deçà de ce seuil, l'abattement automatique reste plus favorable.