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SARL ou SAS : quelles sont les différences et comment choisir ?

LS Compta Équipe LS Compta
7 min de lecture

SARL et SAS : les caractéristiques essentielles

Les deux structures offrent une responsabilité limitée aux apports : les associés ou actionnaires ne répondent des dettes sociales qu’à hauteur de ce qu’ils ont apporté. Le capital social est librement fixé, avec un minimum légal d’un euro dans les deux cas. Plusieurs différences structurelles méritent d’être posées d’emblée.

CaractéristiqueSARLSAS
Nombre d’associés2 à 1002 minimum, illimité
DirigeantGérant (personne physique uniquement)Président (personne physique ou morale)
Capital minimum légal1 €1 €
Libération des apports en numéraire20 % à la création, solde sous 5 ans50 % à la création, solde sous 5 ans
Cadre de gouvernanceLégal (Code de commerce)Statutaire (libre dans les statuts)

La première distinction est d’ordre organisationnel : la SARL opère dans un cadre défini par la loi, qui encadre de nombreuses règles de fonctionnement. La SAS laisse une large place aux statuts pour organiser la gouvernance, les prises de décision et les conditions de cession.

À noter : la version unipersonnelle de la SARL est l’EURL (un seul associé) ; celle de la SAS est la SASU. Le fonctionnement est identique à leur version pluripersonnelle, avec un associé ou actionnaire unique.

Quel est le régime social du dirigeant en SARL et en SAS ?

C’est souvent la différence la plus déterminante dans le choix entre les deux formes. Le régime social n’est pas le même selon la structure et la détention du dirigeant.

Le gérant de SARL : TNS ou assimilé salarié selon sa détention

Le statut social du gérant de SARL dépend de sa part dans le capital :

  • Gérant majoritaire (plus de 50 % des parts) : il relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Ses cotisations sont calculées sur sa rémunération nette, à un niveau globalement inférieur à celui d’un assimilé salarié, mais avec une couverture maladie et prévoyance moins étendue.
  • Gérant minoritaire ou égalitaire (50 % ou moins) : il relève du régime général de la Sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié, à condition d’être rémunéré.

En pratique, la majorité des gérants de SARL à deux associés détiennent plus de 50 % des parts et sont donc TNS. Ce statut implique des cotisations minimales dues même en l’absence de toute rémunération.

Le président de SAS : assimilé salarié dans tous les cas

Le président de SAS relève systématiquement du régime général de la Sécurité sociale, en tant qu’assimilé salarié. Il bénéficie d’une couverture comparable à celle d’un cadre salarié : maladie, retraite, prévoyance, mais ne cotise pas à l’assurance chômage et n’y ouvre pas de droits à ce titre.

Bon à savoir : un président de SAS non rémunéré ne doit aucune cotisation sociale. C’est une différence importante par rapport au gérant majoritaire de SARL, qui peut se voir réclamer des cotisations minimales même sans se verser de rémunération.

Quelle liberté de gouvernance en SAS et en SARL ?

La SAS se distingue par une grande flexibilité statutaire. Les actionnaires organisent librement dans leurs statuts les règles de vote, les conditions de transfert des titres (clauses d’agrément, de préemption, d’inaliénabilité jusqu’à dix ans) et la structure de direction. Cette souplesse est particulièrement appréciée des investisseurs et des fonds d’investissement, qui exigent souvent des garanties contractuelles difficiles à mettre en place dans une SARL.

La SARL fonctionne dans un cadre plus balisé. La loi impose des règles précises sur les décisions collectives : assemblée générale ordinaire annuelle pour l’approbation des comptes, majorités légales pour les décisions extraordinaires, et sur la cession de parts à des tiers, qui requérant l’accord de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales. Ce cadre rassurant convient aux projets portés par un cercle restreint d’associés qui préfèrent une organisation claire et peu susceptible de conflits.

Quelle est la fiscalité en SARL et en SAS ?

Sur le plan fiscal, les deux structures sont très proches.

Imposition des bénéfices : identique dans les deux cas

Par défaut, SARL et SAS sont soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) : 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice (exercice 2026) et 25 % au-delà. Les deux formes peuvent, sous conditions, opter pour l’impôt sur le revenu (IR) pendant cinq exercices au maximum.

Les dividendes versés aux associés ou actionnaires sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), dit flat tax, au taux de 31,4 % depuis 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). L’option pour le barème progressif de l’IR reste ouverte si elle s’avère plus avantageuse.

Cession de titres : des droits d’enregistrement très différents

C’est un point souvent sous-estimé au moment du choix de la forme juridique. En cas de cession, les droits d’enregistrement diffèrent sensiblement :

  • SARL : les parts sociales sont soumises à un droit de 3 %, appliqué après un abattement proportionnel au ratio entre 23 000 € et le nombre total de parts de la société, conformément à l’article 726 du Code général des impôts.
  • SAS : les actions sont soumises à un droit de 0,1 % du prix de cession.

Pour un entrepreneur qui envisage de céder tout ou partie de son entreprise à moyen terme, cet écart peut représenter un coût significatif selon la valorisation de la société.

SARL ou SAS : comment choisir selon votre projet ?

Il n’existe pas de forme juridique universellement supérieure. Le choix dépend de votre situation personnelle, de la composition de votre actionnariat et de vos ambitions.

La SARL peut s’avérer adaptée si :

  • vous souhaitez un cadre juridique clair et protecteur, sans nécessité de rédiger des statuts très personnalisés ;
  • votre projet est porté en famille ou avec un cercle restreint d’associés stables dans le temps ;
  • vous êtes gérant majoritaire et souhaitez bénéficier d’un niveau de cotisations sociales inférieur à celui du régime assimilé salarié.

La SAS peut s’avérer adaptée si :

  • votre projet a vocation à évoluer rapidement ou à accueillir des investisseurs extérieurs ;
  • vous souhaitez une grande souplesse dans l’organisation du capital (actions de préférence, droits de vote multiples) ;
  • vous anticipez une cession ou une entrée au capital et souhaitez limiter le coût des droits d’enregistrement lors de la transmission des titres.

Exemple : Maxime crée avec deux amis une agence de communication digitale. Ils envisagent d’accueillir un investisseur dans deux ans et de céder leurs titres à terme. La SARL, dont les formalités pour créer une SARL restent proches de celles d’une SAS, offre un cadre plus rigide qui ne correspond pas à leurs besoins d’organisation. Ils optent pour la SAS : la liberté statutaire leur permet d’anticiper l’entrée de l’investisseur, et les droits d’enregistrement de 0,1 % sur la cession d’actions sont bien plus favorables que les 3 % applicables aux parts de SARL.

Service LS Compta

Choisir entre SARL et SAS a des conséquences directes sur votre rémunération, votre protection sociale et votre stratégie patrimoniale. LS Compta accompagne les entrepreneurs dans l’analyse de leur situation personnelle et la tenue de leur comptabilité, quelle que soit la structure retenue.

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Sources

SARL : caractéristiques – entreprendre.service-public.gouv.fr

SAS : caractéristiques – entreprendre.service-public.gouv.fr

Article 726 du Code général des impôts – legifrance.gouv.fr

Impôt sur les sociétés – impots.gouv.fr

FAQ – SARL ou SAS : vos questions fréquentes

La SARL et la SAS ont-elles les mêmes obligations comptables ?

Oui. SARL et SAS sont toutes deux soumises à l’obligation de tenir une comptabilité en partie double, d’établir des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) et de les déposer au greffe. L’une comme l’autre doit tenir une assemblée générale annuelle pour approuver les comptes dans les 6 mois suivant la clôture de l’exercice.

Peut-on passer d’une SARL à une SAS après la création ?

Oui, la transformation est possible à tout moment. Elle nécessite une décision unanime des associés (sauf clause contraire dans les statuts), la rédaction de nouveaux statuts et le dépôt d’un dossier de modification. Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de modification d’entreprise doivent transiter par le guichet unique de l’INPI. Ces démarches peuvent être réalisées en autonomie ou avec l’accompagnement d’un professionnel du droit.

Quelle est la différence entre une EURL et une SASU ?

L’EURL est la forme unipersonnelle de la SARL : un seul associé, gérant généralement majoritaire et relevant du statut TNS. La SASU est la forme unipersonnelle de la SAS : un seul actionnaire, président assimilé salarié. Le choix entre EURL et SASU reproduit exactement les mêmes logiques que pour SARL et SAS à plusieurs associés.

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