Le régime de la micro-entreprise, aussi appelé auto-entreprise, séduit par sa simplicité. Il repose pourtant sur une condition centrale, ne pas dépasser un certain chiffre d'affaires. Ce plafond micro-entreprise conditionne votre maintien dans le régime, et il se double d'un second seuil, celui de la TVA, que l'on confond souvent avec le premier.
Quels sont les montants à ne pas dépasser en 2026 ? En quoi le seuil du régime micro diffère-t-il de celui de la TVA ? Et que se passe-t-il si votre activité franchit la limite ? Voici les règles à connaître pour suivre votre activité en toute sérénité.
Qu'est-ce que le plafond de la micro-entreprise ?
La micro-entreprise n'est pas une forme juridique, mais un régime fiscal et social simplifié de l'entreprise individuelle, accessible via le statut d'auto-entrepreneur. Pour en bénéficier, votre chiffre d'affaires annuel ne doit pas franchir une limite fixée par l'administration. C'est cette limite que l'on appelle le plafond.
Le mot recouvre en réalité deux seuils distincts, qu'il faut bien séparer. Le premier conditionne votre appartenance au régime micro lui-même, avec son calcul forfaitaire de l'impôt et des cotisations. Le second, propre à la TVA, détermine à partir de quand vous devez facturer cette taxe à vos clients. Les deux n'ont ni les mêmes montants ni les mêmes conséquences.
Quels sont les plafonds de chiffre d'affaires en 2026 ?
Pour rester en micro-entreprise en 2026, votre chiffre d'affaires annuel encaissé, hors taxes, ne doit pas dépasser un seuil de chiffre d'affaires qui varie selon la nature de votre activité. Ces montants s'appliquent sur la période 2026 à 2028 et se répartissent ainsi :
| Type d'activité | Plafond de chiffre d'affaires 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises, restauration, hébergement | 203 100 € |
| Prestations de services (BIC) et activités libérales (BNC) | 83 600 € |
| Location de meublés de tourisme non classés | 15 000 € |
Le seuil s'apprécie sur le chiffre d'affaires réellement encaissé au cours de l'année civile, et non sur le montant facturé. Selon service-public.fr, il se mesure sur les deux dernières années civiles, et vous ne quittez le régime qu'après l'avoir dépassé deux années consécutives.
Important
En cas d'activité mixte associant vente et prestations de services, votre chiffre d'affaires global ne doit pas excéder 203 100 €, dont 83 600 € au maximum pour la part de prestations de services.
Pourquoi distinguer le plafond du régime micro des seuils de TVA ?
On parle souvent du plafond de la micro-entreprise comme s'il n'existait qu'un seul seuil. En réalité, le franchissement du plafond du régime micro et celui des seuils de TVA répondent à deux logiques indépendantes, avec des montants plus bas pour la TVA.
La franchise en base de TVA vous dispense de facturer et de déclarer la TVA tant que votre chiffre d'affaires reste sous certaines limites. En 2026, ces seuils s'établissent ainsi :
| Activité | Seuil de base | Seuil majoré |
|---|---|---|
| Vente de marchandises et hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
Le seuil majoré joue un rôle de tolérance. Tant que vous restez en dessous, vous conservez la franchise au cours de l'année. Les seuils de TVA obéissent ainsi à un calendrier de bascule qui leur est propre, distinct de celui du régime micro.
Comment le plafond est-il calculé la première année d'activité ?
Lorsque vous créez votre micro-entreprise en cours d'année, vous n'êtes presque jamais en activité sur douze mois complets. Pour cette première année, le plafond n'est pas appliqué en montant brut. Il est ajusté au prorata du temps d'activité, ce que l'on appelle le prorata temporis.
Le calcul rapporte le plafond annuel au nombre de jours réellement travaillés. Une activité de prestations de services lancée le 1er juillet sera ainsi appréciée sur la moitié de l'année environ, soit un plafond ramené autour de 42 000 € pour 2026. Cette règle ne s'applique pas aux activités d'hébergement et de location de meublés, qui conservent leur plafond annuel.
Que se passe-t-il en cas de dépassement du plafond ?
Un dépassement ponctuel n'a rien de définitif. Pour le régime micro, vous ne perdez le bénéfice du dispositif que si votre chiffre d'affaires dépasse le plafond pendant deux années civiles consécutives. Dans ce cas, vous basculez vers le régime réel d'imposition au 1er janvier de l'année suivante.
Ce changement modifie en profondeur vos obligations. Vous passez d'un calcul forfaitaire à une comptabilité complète, avec déclaration de résultat et, le plus souvent, assujettissement à la TVA. Le franchissement des seuils de TVA suit, lui, une mécanique différente. Si votre chiffre d'affaires dépasse le seuil majoré en cours d'année, vous devenez redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement, d'après impots.gouv.fr.
Attention
Le dépassement du seuil majoré de TVA produit un effet immédiat, contrairement au plafond du régime micro qui s'apprécie sur deux ans. Suivre votre chiffre d'affaires en continu permet d'anticiper ce basculement.
Un dépassement de seuil peut donc avoir deux conséquences très différentes selon qu'il touche le régime micro ou la TVA. Le passage au régime réel demande de structurer sa gestion comptable. Un expert-comptable comme LS Compta peut vous accompagner dans cette transition et sécuriser vos déclarations. Il est aussi possible d'anticiper ce changement avant même d'atteindre le plafond micro-entreprise, en optant volontairement pour un régime réel si celui-ci devient plus avantageux pour votre activité.