En résumé
- Avant de créer une entreprise, le choix de la forme juridique est déterminant : micro-entreprise, SASU, SAS, SARL ou EURL. Chaque structure implique un régime social, une fiscalité et des obligations comptables distincts.
- Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création transitent par le guichet unique de l'INPI. Pour les sociétés, les étapes clés sont : rédaction des statuts, dépôt du capital social, publication d'une annonce légale et immatriculation en ligne.
- Le coût de création varie de zéro pour une micro-entreprise à plusieurs centaines d'euros HT pour une société, selon la forme juridique et le département du siège.
- Plusieurs aides à la création sont mobilisables dès le lancement : l'ACRE (exonération partielle de cotisations sociales de 25 % en 2026) et le maintien de l'ARE pour les demandeurs d'emploi. Depuis le 1er janvier 2026, la demande d'ACRE est obligatoire dans les 60 jours suivant la création.
- Le choix du régime fiscal (IS ou IR) et l'accompagnement par un expert-comptable dès la création permettent d'optimiser la fiscalité et de poser des bases comptables solides.
Lancer une activité en France est devenu plus accessible ces dernières années. Depuis le 1er janvier 2023, les formalités de création d'entreprise sont centralisées sur un guichet unique numérique, mettant fin aux allers-retours entre le greffe, les organismes sociaux et l'administration fiscale.
Quel statut choisir entre la micro-entreprise, la SASU et la SARL ? Combien faut-il prévoir pour créer une société ? Quelles aides permettent de financer son lancement ? Et comment anticiper la fiscalité et la comptabilité dès les premiers jours d'activité ? Voici les réponses, du choix de la forme juridique au premier bilan.
Quelle forme juridique choisir pour créer son entreprise ?
Le choix de la forme juridique est la première décision structurante de tout projet de création. Elle conditionne votre régime de protection sociale, votre fiscalité et l'étendue de vos obligations comptables.
Deux grandes catégories existent.
Les entreprises individuelles
L'entreprise individuelle (EI) comprend la forme classique et le régime simplifié de la micro-entreprise (ou auto-entrepreneur). La micro-entreprise est la forme la plus rapide à lancer : aucun capital social n'est requis, la déclaration d'activité s'effectue en quelques minutes en ligne. En 2026, les plafonds de chiffre d'affaires sont fixés à 203 100 € HT pour les activités de vente et d'hébergement, et à 83 600 € HT pour les prestations de services. Depuis la réforme de 2022, l'entrepreneur individuel bénéficie d'une séparation automatique entre son patrimoine professionnel et son patrimoine personnel.
Les sociétés
Parmi les sociétés, quatre formes sont couramment utilisées à la création :
- SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) : pour créer seul avec un président assimilé salarié. Les formalités pour créer une SASU suivent le schéma des sociétés par actions, avec une grande liberté statutaire.
- SAS (Société par Actions Simplifiée) : même cadre juridique que la SASU, ouverte à plusieurs actionnaires.
- EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) : variante unipersonnelle de la SARL. Le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non salariés (TNS).
- SARL (Société à Responsabilité Limitée) : adaptée aux projets à plusieurs associés.
Le capital social minimum est d'1 € pour chacune de ces formes. Ce plancher légal ne reflète toutefois pas les besoins réels de financement de votre projet.
À noter : le choix entre SASU et EURL influe directement sur les cotisations sociales. Le président de SASU assimilé salarié ne supporte aucune cotisation minimale en l'absence de rémunération. Le gérant majoritaire d'EURL, lui, est soumis à des cotisations forfaitaires minimales même sans revenu.
Quelles sont les étapes pour créer une entreprise ?
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création, de modification ou de fermeture d'entreprise doivent transiter par le guichet unique de l'INPI, le point d'entrée unique des démarches administratives. Ces formalités peuvent être réalisées en autonomie ou avec l'accompagnement d'un professionnel du droit.
Créer une micro-entreprise ou une EI
La procédure est la plus rapide : une déclaration d'activité en ligne sur le guichet unique de l'INPI, sans rédaction de statuts ni dépôt de capital. L'activation est généralement confirmée en quelques jours ouvrés.
Créer une société (SASU, SAS, SARL, EURL)
La création d'une société suit quatre étapes successives :
- Rédiger et signer les statuts : document fondateur qui fixe l'objet social, les règles de gouvernance et la répartition du capital. La rédaction peut être confiée à un avocat, un notaire ou une plateforme juridique en ligne.
- Constituer et déposer le capital social : les apports en numéraire sont versés sur un compte bancaire bloqué ouvert au nom de la société. Le déblocage intervient après l'immatriculation.
- Publier une annonce légale : la publication d'un avis de constitution dans un journal d'annonces légales habilité est obligatoire. Le tarif est forfaitaire, fixé par arrêté ministériel, et varie selon la forme juridique et le département du siège social.
- S'immatriculer via le guichet unique : le dossier complet (statuts, attestation de dépôt de capital, justificatifs d'identité du dirigeant, attestation de parution de l'annonce légale) est déposé sur le guichet unique de l'INPI. Le délai de traitement est généralement de 3 à 7 jours ouvrés.
Bon à savoir : Legalstart accompagne les entrepreneurs dans leurs démarches sur le guichet unique de l'INPI, de la rédaction des statuts à l'immatriculation, pour limiter les risques d'erreur et gagner du temps sur les formalités administratives.
Quels sont les coûts de création d'une entreprise ?
Le coût de création varie fortement selon la forme juridique choisie et selon que vous réalisez les démarches seul ou avec un professionnel.
| Forme juridique | Rédaction des statuts | Annonce légale | Immatriculation | Total indicatif (en autonomie) |
|---|---|---|---|---|
| Micro-entreprise / EI | Non requis | Non requise | Gratuit | 0 € |
| SASU / SAS | 0 à 2 500 € HT | Tarif forfaitaire selon département | 50 à 200 € HT selon les frais de greffe | À partir de 250 € HT |
| SARL / EURL | 0 à 2 500 € HT | Tarif forfaitaire selon département | 50 à 200 € HT | À partir de 250 € HT |
Passer par un professionnel (avocat, expert-comptable, plateforme juridique) représente un coût supplémentaire, mais réduit le risque d'erreur dans la rédaction des statuts et le montage du dossier d'immatriculation, notamment sur les clauses statutaires à fort impact fiscal.
Quelles aides pour financer la création de son entreprise ?
Les dispositifs d'aide à la création disponibles varient selon votre situation au moment du lancement : demandeur d'emploi, salarié en activité ou porteur de projet sans revenu de remplacement.
L'ACRE
L'ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d'Entreprise) permet, sous conditions d'éligibilité, de bénéficier d'une exonération partielle de 25 % de cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d'activité, dans la limite de 36 045 € de revenus en 2026. Depuis le 1er janvier 2026, la demande est obligatoire pour tous : elle doit être déposée auprès de l'Urssaf dans les 60 jours suivant la date de création, faute de quoi l'exonération est définitivement perdue.
Attention : l'ACRE et l'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise) sont deux dispositifs distincts, souvent confondus. L'ACRE est une exonération partielle de cotisations sociales. L'ARCE permet aux demandeurs d'emploi d'opter pour un versement en capital de 60 % de leurs droits ARE restants, versé en deux fois. Les deux sont cumulables.
Le maintien des allocations chômage (ARE)
Les demandeurs d'emploi créant une entreprise peuvent cumuler leur allocation chômage avec les revenus de leur nouvelle structure. Depuis avril 2025, ce cumul est plafonné à 60 % des droits ARE restants. D'autres dispositifs complètent ce panorama selon votre situation : prêts d'honneur de Bpifrance, aides régionales ou fonds locaux d'amorçage.
Quel régime fiscal pour votre entreprise ?
Le régime fiscal de votre entreprise dépend principalement de la forme juridique choisie et peut avoir un impact significatif sur votre niveau d'imposition.
Les entreprises individuelles (EI, micro-entreprise) sont soumises à l'impôt sur le revenu (IR) : les bénéfices s'ajoutent à votre revenu personnel et sont imposés selon votre tranche marginale d'imposition.
Les sociétés (SASU, SAS, SARL, EURL) relèvent par défaut de l'impôt sur les sociétés (IS). En 2026, le taux d'IS est de 15 % sur les bénéfices jusqu'à 42 500 €, sous conditions d'éligibilité (chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros HT et capital détenu à 75 % minimum par des personnes physiques), et de 25 % au-delà.
La distribution de dividendes en SASU est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Le barème progressif de l'IR reste une option sur demande. Contrairement aux dividendes versés par une SARL à un gérant majoritaire, les dividendes de SASU ne sont pas soumis aux cotisations sociales.
Quel accompagnement comptable prévoir dès la création ?
La forme juridique détermine l'étendue de vos obligations comptables. La micro-entreprise bénéficie d'un régime simplifié : tenue d'un livre de recettes, d'un registre des achats pour les activités commerciales, et déclaration de chiffre d'affaires mensuelle ou trimestrielle.
Toute société (SASU, SAS, SARL, EURL) est en revanche soumise à une comptabilité complète dès le premier exercice : tenue d'une comptabilité en partie double, établissement d'un bilan et d'un compte de résultat à chaque clôture, approbation des comptes annuels, dépôt au greffe du tribunal de commerce.
Un expert-comptable spécialisé en création d'entreprise peut vous accompagner dès la phase préparatoire : choix de la forme juridique, arbitrage IS/IR, paramétrage des outils de facturation, premières déclarations fiscales et sociales. Anticiper ces sujets dès la création évite des coûts de régularisation lors du premier exercice.
Bon à savoir : LS Compta, cabinet d'expertise comptable en ligne, accompagne les créateurs d'entreprise de la création jusqu'à la clôture du premier exercice. Nos experts-comptables sécurisent vos arbitrages fiscaux et comptables dès le départ.
FAQ
Peut-on créer une entreprise tout en étant salarié ?
Oui. Il est possible de cumuler un emploi salarié avec la direction d'une SASU ou la création d'une micro-entreprise, sous réserve de respecter l'obligation de loyauté envers votre employeur. Si votre contrat de travail comporte une clause d'exclusivité, vérifiez qu'elle ne s'oppose pas à votre projet avant de vous lancer.
Combien de temps faut-il pour créer une société ?
La phase préparatoire (rédaction des statuts, dépôt du capital social, publication de l'annonce légale) prend généralement de quelques jours à quelques semaines selon la complexité du projet. Une fois le dossier complet déposé sur le guichet unique de l'INPI, le délai de traitement est de 3 à 7 jours ouvrés.
Peut-on créer une entreprise sans apport initial ?
Oui. La micro-entreprise ne requiert aucun capital. Une SASU ou une SARL peut être constituée avec 1 € de capital social : ce plancher légal est distinct des besoins réels de financement de l'activité, qui dépendent de votre modèle économique et de vos premiers mois d'exploitation.
Sources :
- Guichet unique des formalités d'entreprise - inpi.fr
- ACRE - entreprendre.service-public.gouv.fr
- Impôt sur les sociétés - impots.gouv.fr / bofip.impots.gouv.fr
- ARE et ARCE - francetravail.fr