Salariés

Comment calculer l'absence pour entrée sortie sur la fiche de paie ?

LS Compta Équipe LS Compta
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Un salarié embauché le 12 du mois ou quittant l'entreprise le 20 ne travaille pas le mois complet. L'employeur doit alors recalculer sa rémunération au prorata du temps de présence, en appliquant une retenue sur salaire appelée absence pour entrée sortie.

Quelle méthode de calcul appliquer pour respecter la jurisprudence ? Comment le plafond de la Sécurité sociale est-il ajusté ? Quel impact cette déduction a-t-elle sur les cotisations et le bulletin de paie ?

Qu'est-ce que l'absence pour entrée sortie ?

L'absence pour entrée sortie est une retenue sur salaire appliquée lorsqu'un salarié ne couvre pas la totalité d'un mois de travail. Elle intervient dans deux cas :

  • l'embauche en cours de mois (entrée) ;
  • le départ en cours de mois, par démission, licenciement, rupture conventionnelle ou fin de CDD (sortie).

Cette déduction concerne tous les salariés mensualisés, quel que soit le type de contrat (CDI, CDD) ou le temps de travail (temps plein, temps partiel). Elle ne doit pas être confondue avec d'autres absences (congé payé, arrêt maladie, congé sans solde) qui suivent des règles de calcul distinctes.

Le principe repose sur la mensualisation : un salarié à temps plein (35 heures hebdomadaires) perçoit chaque mois une rémunération calculée sur 151,67 heures, soit 35 x 52 / 12. Ce lissage garantit un salaire constant quel que soit le nombre de jours ouvrés dans le mois. Lorsque le mois incomplet empêche le salarié d'effectuer toutes ces heures, l'employeur recalcule la rémunération en fonction du temps réellement travaillé.

Bon à savoir : la retenue se traduit par une ligne spécifique, généralement en haut du bulletin de paie, intitulée « déduction entrée/sortie », « absence E/S » ou « retenue E/S ».

Comment calculer l'absence avec la méthode des heures réelles ?

La méthode des heures réelles est la seule validée par la Cour de cassation (Cass. soc., 11 février 1982, n° 80-40.359). Elle se fonde sur le nombre d'heures de travail effectivement prévues dans le mois concerné, et non sur une moyenne forfaitaire.

Formule de calcul

Le calcul se déroule en deux temps.

Première étape : déterminer le taux horaire du mois en cours.

Taux horaire = salaire mensuel brut / nombre d'heures prévues dans le mois

Deuxième étape : calculer le montant de la retenue. Deux approches équivalentes sont possibles :

  • par les heures d'absence : retenue = heures d'absence x taux horaire ;
  • par les heures travaillées : rémunération due = heures travaillées x taux horaire.

Exemple de calcul

Sophie est embauchée le 12 février 2026 dans une entreprise où elle travaille 35 heures par semaine (7 heures par jour, du lundi au vendredi). Son salaire mensuel brut est de 2 100 €.

Février 2026 compte 20 jours ouvrés, soit 140 heures de travail. Sophie est présente du 12 au 28 février, soit 12 jours ouvrés (84 heures). Ses heures d'absence représentent 140 - 84 = 56 heures.

Taux horaire : 2 100 / 140 = 15 €

Par les heures travaillées : 84 x 15 = 1 260 €

Par les heures d'absence : 56 x 15 = 840 €, soit 2 100 - 840 = 1 260 €

Sophie percevra donc 1 260 € brut pour le mois de février.

À noter : les deux approches aboutissent au même résultat. L'écart éventuel de quelques centimes provient de l'arrondi du taux horaire.

Comment fonctionne la méthode forfaitaire ?

La méthode forfaitaire calcule le taux horaire sur la base fixe de 151,67 heures mensualisées, quel que soit le nombre réel d'heures prévues dans le mois.

Taux horaire forfaitaire = salaire mensuel brut / 151,67

En reprenant l'exemple de Sophie (2 100 € brut, 56 heures d'absence en février) :

  • taux horaire forfaitaire : 2 100 / 151,67 = 13,85 € ;
  • retenue : 56 x 13,85 = 775,60 € ;
  • rémunération due : 2 100 - 775,60 = 1 324,40 €.

La différence entre les deux méthodes est significative : 1 260 € avec les heures réelles contre 1 324,40 € avec le forfait. Le mois de février comptant moins d'heures que la moyenne annuelle, la méthode forfaitaire est ici plus favorable au salarié.

CritèreMéthode des heures réellesMéthode forfaitaire
Base de calculHeures prévues dans le mois151,67 heures (fixe)
Conformité juridiqueValidée par la Cour de cassationContestable en cas de litige
PrécisionExacteApproximative
Résultat (exemple)1 260 €1 324,40 €

Attention : la Cour de cassation a rappelé que la retenue par heure d'absence doit correspondre au quotient du salaire mensuel par le nombre d'heures réellement prévues dans le mois. Un salarié contestant le calcul devant les prud'hommes obtiendrait gain de cause si la méthode forfaitaire lui est défavorable. Certaines conventions collectives imposent toutefois une méthode spécifique : il convient de vérifier la convention applicable avant de retenir l'une ou l'autre.

Quel impact sur le plafond de la Sécurité sociale ?

Le plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS) sert de base au calcul de certaines cotisations, comme la tranche 1 de la retraite complémentaire. En 2026, le PMSS s'élève à 4 005 € (arrêté du 22 décembre 2025).

Lorsqu'un salarié n'est pas employé sur l'ensemble du mois, le plafond de la Sécurité sociale est proratisé en jours calendaires, conformément à l'article R. 242-2 du Code de la Sécurité sociale :

Plafond proratisé = PMSS x (nombre de jours calendaires de la période d'emploi / nombre de jours calendaires du mois)

En reprenant l'exemple de Sophie, embauchée le 12 février : la période d'emploi couvre du 12 au 28 février, soit 17 jours calendaires. Février 2026 compte 28 jours.

Plafond proratisé : 4 005 x 17 / 28 = 2 431,61 €

Ce plafond réduit s'applique au calcul des charges patronales et salariales plafonnées. La proratisation se fait en jours calendaires (y compris samedis, dimanches et jours fériés), et non en jours ouvrés.

Important : la proratisation du plafond et le calcul de l'absence pour entrée sortie sont deux opérations distinctes. La première porte sur les jours calendaires pour les cotisations. La seconde porte sur les heures de travail pour le salaire brut.

Comment l'absence entrée sortie apparaît-elle sur la fiche de paie ?

La déduction pour entrée ou sortie en cours de mois se matérialise par une ligne spécifique sur la fiche de paie, placée juste sous le salaire de base. Son intitulé varie selon les logiciels de paie : « Absence entrée/sortie », « Déduction E/S » ou « Retenue pour mois incomplet ».

Cette ligne comporte :

  • le nombre d'heures déduites (par exemple 56 h) ;
  • le taux horaire appliqué ;
  • le montant négatif de la retenue.

La déduction réduit le salaire brut et, par conséquent, la base de calcul de toutes les cotisations sociales (patronales et salariales). Le salaire net est mécaniquement diminué dans les mêmes proportions.

Pour vérifier le calcul, un salarié peut reconstituer le taux horaire en divisant son salaire de base par les heures totales du mois, puis le multiplier par les heures effectivement travaillées. En cas d'écart avec le montant affiché, une erreur sur la fiche de paie peut être signalée à l'employeur, qui est tenu de la corriger.

Sources

  • Cass. soc., 11 février 1982, n° 80-40.359 (Légifrance)
  • Art. R. 242-2 du Code de la Sécurité sociale
  • Arrêté du 22 décembre 2025 fixant le plafond de la Sécurité sociale pour 2026

FAQ

L'absence pour entrée sortie est-elle rémunérée ?

Non. L'absence pour entrée sortie correspond aux heures non travaillées en raison d'une arrivée ou d'un départ en cours de mois. Ces heures ne sont pas indemnisées, contrairement aux congés payés ou à un arrêt maladie. La déduction reflète le principe « pas de travail, pas de salaire ».

L'employeur peut-il choisir librement la méthode de calcul ?

En principe, la méthode des heures réelles prévaut (Cass. soc., 11 février 1982, n° 80-40.359). La méthode forfaitaire est tolérée par l'administration, mais un salarié peut la contester si elle lui est défavorable. Certaines conventions collectives imposent une méthode précise : elle prime sur les deux méthodes légales.

L'absence pour entrée sortie a-t-elle un impact sur les congés payés ?

Oui. Un salarié entré ou sorti en cours de mois acquiert des droits à congés payés au prorata de son temps de présence effectif. Le calcul de l'indemnité de congés payés (10 % ou maintien de salaire) tient compte de la rémunération réellement perçue, déduction comprise.

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