Comment créer une SAS ? Les étapes à suivre
Vous vous demandez comment créer une SAS ? Ce statut attire de plus en plus d’entrepreneurs pour sa flexibilité et sa crédibilité. Suivre les bonnes étapes dès le départ vous permettra de lancer votre société par actions simplifiée rapidement et en toute sérénité.
Mini-Sommaire
Qu’est-ce qu’une SAS ?
SAS : définition
La SAS (société par actions simplifiée) est une forme de société commerciale particulièrement appréciée des entrepreneurs pour sa souplesse de fonctionnement. Elle permet d’exercer presque tout type d’activité (hors secteurs strictement réglementés) et peut être constituée par une ou plusieurs personnes, physiques ou morales selon les articles L227-1 à L227-20-1 du Code de commerce. Les associés définissent librement les règles de gouvernance dans les statuts, ce qui rend cette structure très adaptable à chaque projet. La responsabilité des associés est limitée à leurs apports, et la société est en principe soumise à l’impôt sur les sociétés.
C’est une forme juridique moderne, qui offre un bon équilibre entre protection, flexibilité et crédibilité.
Les caractéristiques de la SAS
La SAS se distingue avant tout par sa grande souplesse :
- elle peut être constituée à partir de 2 associés (personnes physiques ou morales) ou d’un seul dans le cas d’une SASU ;
- chaque associé détient des actions proportionnelles à son apport au capital, qui peut prendre la forme d’argent, de biens ou même de savoir-faire ;
- le capital social est librement fixé par les fondateurs ;
- et la responsabilité des associés est limitée à leurs apports.
À retenir : la SAS offre un cadre juridique protecteur et crédible, tout en vous laissant une grande liberté d’organisation pour faire évoluer votre activité selon vos besoins.
Créer une SAS : avantages et inconvénients
La SAS est une forme très attractive pour structurer une activité ambitieuse, accueillir des associés, et vous protéger personnellement. En face, elle demande une vraie réflexion stratégique dès le départ (gouvernance, statuts, mode de rémunération du dirigeant, fiscalité).
Les avantages de la SAS
Il existe de nombreux avantages à la SAS :
- une grande liberté de gestion ;
- une responsabilité limitée ;
- un avantage social pour le dirigeant ;
- un capital social fixé librement ;
- et un accueil facilité de nouveaux associés.
Liberté de gestion
Créer une SAS, c’est souvent le choix des entrepreneurs qui veulent à la fois de la protection et de la liberté dans la gestion. La forme séduit parce qu’elle est très modulable : vous adaptez l’organisation de la société à votre manière de travailler, au lieu d’entrer dans un moule tout fait.
Par exemple, vous pouvez décider que toutes les décisions importantes restent entre les mains des fondateurs, ou au contraire, ouvrir le capital à un investisseur sans perdre totalement le contrôle.
Cette souplesse attire autant les indépendants qui veulent professionnaliser leur activité que les start-ups qui préparent une levée de fonds.
Responsabilité limitée
Un autre avantage fort de la SAS est la responsabilité limitée. Concrètement, si vous injectez 5.000 € de capital, vous ne risquez que ces 5.000 € en cas de difficulté. On ne vient pas chercher votre épargne personnelle pour payer les dettes de la société, sauf faute grave de gestion. C’est rassurant quand on se lance et qu’on veut protéger son patrimoine privé, surtout si vous entreprenez en couple ou en famille.
Avantage social pour le dirigeant
La SAS est aussi intéressante sur le plan social pour son dirigeant. Le président d’une SAS est affilié au régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié cadre.
Pour vous, cela signifie une couverture sociale plus protectrice qu’un statut de travailleur indépendant : meilleure retraite complémentaire, meilleure couverture maladie, meilleure prévoyance. C’est un vrai argument si vous comptez vous rémunérer et que vous voulez une protection personnelle solide.
Bon à savoir : vous n’êtes pas couvert par l’assurance chômage automatiquement, mais vous pouvez souscrire une couverture privée dédiée.
Capital social fixé librement
Autre point positif : le capital social est librement fixé. Vous pouvez démarrer avec 1 €, ce qui abaisse la barrière d’entrée.
En pratique : il vaut mieux injecter un capital un peu plus sérieux si vous voulez paraître crédible auprès d’une banque ou d’un futur partenaire commercial.
Accueil facilité de nouveaux associés
La SAS est aussi pensée pour accueillir facilement de nouveaux associés. Vous pouvez organiser dans les statuts comment quelqu’un entre ou sort du capital, comment les actions se transmettent, quelles décisions nécessitent l’accord de tous, etc. C’est précieux si vous créez à plusieurs ou si vous envisagez une levée de fonds.
Par exemple, vous pouvez prévoir une clause d’agrément : impossible pour un associé de céder ses actions à un inconnu sans l’accord des autres. Ou une période d’inaliénabilité : personne ne revend ses actions pendant les deux premières années, histoire d’éviter le scénario « je pars avec mes parts au bout de 6 mois ».
En clair, vous pouvez verrouiller la stabilité du projet dès le départ.
Les inconvénients de la SAS
Maintenant, parlons franchement des limites :
- complexité juridique ;
- coût social du dirigeant ;
- présence d’une comptabilité complète ;
- et impossibilité d’avoir une SAS cotée en bourse
Complexité juridique
La première difficulté, c’est la complexité juridique. La grande liberté de fonctionnement dont on vient de parler a un revers : il faut l’écrire. Les statuts d’une SAS ne sont pas un simple copier-coller trouvé en ligne. Ils fixent qui décide quoi, comment on tranche un blocage stratégique, qui peut sortir du capital, dans quelles conditions vous pouvez vous verser des dividendes, etc. Chaque formulation compte.
C’est souvent un passage obligé par un conseil juridique, ce qui veut dire un coût au démarrage.
À retenir : la SAS est très libre, mais cette liberté doit être cadrée proprement.
Coût social du dirigeant
Autre point à anticiper : le coût social du dirigeant. Certes, le président bénéficie d’une protection sociale de haut niveau, mais cette protection a un prix. Les charges sociales sont en général plus élevées que pour un gérant majoritaire de SARL, par exemple.
Si votre objectif est de vous payer rapidement, avec peu de trésorerie au départ, ce point peut peser.
Présence d’une comptabilité complète
Il faut aussi intégrer le formalisme comptable et fiscal. Une SAS est soumise à l’impôt sur les sociétés par défaut, ce qui implique une comptabilité complète, des déclarations précises, et donc en pratique l’intervention d’un expert-comptable.
Pour certains projets très petits ou très personnels (par exemple une activité de consulting solo avec très peu de frais au départ), ce niveau de structure peut être un peu lourd par rapport à la réalité du business au jour 1.
Impossibilité d’avoir une SAS cotée en bourse
Autre limite : la SAS n’est pas une société cotée. Contrairement à une SA, vous ne pouvez pas faire coter vos actions en bourse. Pour la majorité des entrepreneurs, ce n’est pas un vrai frein au départ. Mais si votre ambition est de structurer une société “hyper scalable” avec, à terme, une ouverture publique du capital, il faudra envisager une transformation en une autre forme plus tard.
Comment créer une SAS ? Les démarches à accomplir
Créer une SAS demande un peu de méthode, mais rien d’insurmontable si vous suivez les étapes dans le bon ordre. Voici le parcours à suivre, étape par étape, pour donner vie à votre société :
- définir le projet de la société ;
- financer le projet ;
- accomplir les démarches préalables ;
- choisir la forme juridique ;
- choisir le nom de la société ;
- domicilier le siège social ;
- déposer le capital social ;
- nommer le ou les dirigeants ;
- rédiger les statuts ;
- publier un avis de constitution ;
- et immatriculer la société.
1. Définir le projet de la société
Tout commence par une idée… Mais il faut la structurer. Prenez le temps d’établir votre business model pour visualiser comment votre entreprise va fonctionner : quelles offres, pour quel public, et avec quel modèle de revenus.
Réaliser une étude de marché vous permettra ensuite de vérifier que votre projet répond à une vraie demande.
Bon à savoir : rencontrer des entrepreneurs de votre secteur ou participer à des événements professionnels aide souvent à affiner son positionnement avant de se lancer.
2. Financer le projet
Une fois le modèle clair, place au business plan. C’est lui qui vous servira de boussole financière et de support pour convaincre vos partenaires (banques, investisseurs, incubateurs…).
Vous pouvez financer la création via vos fonds propres, un emprunt bancaire, ou l’entrée d’investisseurs dans le capital. Pensez aussi aux aides à la création comme l’ACRE ou l’ARCE, souvent précieuses au démarrage.
3. Accomplir les démarches préalables
Selon votre activité, certaines autorisations peuvent être nécessaires avant de créer la société : agrément, diplôme, licence ou déclaration en mairie.
Par exemple, un salon de coiffure doit être géré par un professionnel diplômé.
Pensez aussi à ouvrir un compte bancaire professionnel, à signer votre bail commercial, ou à réserver un nom de domaine si vous avez déjà un site en tête.
4. Choisir la forme juridique
C’est le moment de confirmer que la SAS est bien la structure qui correspond à votre projet. Cette forme permet d’accueillir facilement de nouveaux associés et d’adapter la gouvernance à vos besoins.
Astuce : si vous démarrez seul, optez pour la SASU, qui fonctionne sur le même principe, avec un associé unique.
5. Choisir le nom de la société
Votre dénomination sociale est un peu la carte d’identité de votre entreprise. Vérifiez que le nom est disponible sur le site de l’INPI et qu’il ne porte pas atteinte à une marque existante.
Bon à savoir : vous pouvez aussi réserver un nom commercial différent, plus marketing, et le nom de domaine correspondant pour votre site.
6. Domicilier le siège social
Chaque société doit avoir une adresse officielle : c’est le siège social. Vous pouvez la fixer à votre domicile, dans un local professionnel, un espace de coworking ou auprès d’une société de domiciliation.
Cette adresse figurera sur tous vos documents (factures, devis, statuts) et déterminera le greffe compétent pour votre immatriculation.
7. Déposer le capital social
Le capital social représente les apports faits par les associés : argent, biens matériels, ou savoir-faire.
Le dépôt doit être réalisé sur un compte bloqué (banque, notaire ou caisse des dépôts), et vous recevrez une attestation de dépôt des fonds, indispensable pour le dossier d’immatriculation.
Une fois la société créée, la banque débloque les fonds sur le compte professionnel.
8. Nommer le ou les dirigeants
Une SAS doit obligatoirement avoir un président, mentionné dans les statuts. Vous pouvez vous nommer vous-même ou désigner une autre personne.
À noter : selon la taille du projet, il est possible d’ajouter un directeur général ou un comité de direction. Ces choix sont inscrits dans les statuts ou dans un acte séparé joint au dossier de création.
9. Rédiger les statuts
C’est la colonne vertébrale de votre SAS. Les statuts précisent le fonctionnement de la société : pouvoirs du président, répartition des actions, règles de vote, cession des parts, etc.
Vous pouvez les rédiger vous-même si vous maîtrisez le sujet, mais faire appel à un avocat ou à un expert-comptable vous évitera bien des erreurs.
Bon à savoir : la SAS offre une grande liberté dans la rédaction, mais chaque mot compte juridiquement.
10. Publier un avis de constitution
Avant l’immatriculation, vous devez publier un avis de création dans un journal d’annonces légales ou un service de presse en ligne habilité.
Cette publication informe officiellement de la naissance de votre société. En retour, vous recevez une attestation de parution à joindre à votre dossier.
11. Immatriculer la société
Dernière étape : le dépôt du dossier sur le Guichet unique des formalités.
Lors de la création d’une SAS, les documents à fournir incluent notamment :
- les statuts signés ;
- l’attestation de dépôt du capital ;
- l’attestation de parution dans un journal d’annonces légales ;
- une pièce d’identité du président ;
- le justificatif du siège social ;
- et le formulaire des bénéficiaires effectifs.
Une fois validé, vous recevez votre numéro SIREN, votre extrait Kbis et le code APE de votre activité.
Qui peut vous aider pour créer une SAS ?
Créer une SAS demande de la rigueur, mais vous pouvez vous faire accompagner pour éviter les erreurs et gagner du temps. Si vous aimez tout gérer vous-même, le Guichet unique de l’INPI permet de déposer votre dossier en ligne. En revanche, si vous préférez un parcours simple et sécurisé, Legalstart vous guide pas à pas dans toutes les démarches : choix du statut, rédaction des statuts, dépôt du capital, publication légale et immatriculation.
Bon à savoir : avec le Compte Pro Legalstart, vous pouvez créer une SAS et déposer votre capital directement en ligne et obtenir votre attestation en 24h, un vrai gain de temps.
Et si vous avez besoin d’un accompagnement plus sur mesure, un expert-comptable ou un avocat peut aussi vous aider à personnaliser vos statuts et sécuriser votre projet. L’essentiel est de choisir l’aide qui correspond à votre niveau d’autonomie et à la complexité de votre future société.
FAQ
Quel est le coût de création d'une SAS ?
Le coût varie selon que vous réalisez les démarches seul ou avec un accompagnement. En moyenne, pour créer une SAS, le prix varie entre 250 et 500 € pour les frais administratifs (publication, immatriculation, dépôt de capital), auxquels peuvent s’ajouter les honoraires d’un avocat, d’un expert-comptable ou d’une plateforme comme Legalstart si vous souhaitez sécuriser la création.
Quelles sont les étapes pour créer une SAS ?
La création d’une SAS passe par plusieurs étapes clés : rédiger les statuts, déposer le capital social, publier un avis de constitution, puis immatriculer la société sur le Guichet unique. Chaque étape doit être réalisée avec soin, car une erreur peut retarder l’immatriculation ou invalider la procédure.
Puis-je créer une SAS seul ?
Oui, c’est tout à fait possible d’ouvrir une SAS seul. Si vous êtes l’unique associé, votre société prendra la forme d’une SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle). Vous bénéficierez des mêmes avantages qu’une SAS classique, notamment la responsabilité limitée et la flexibilité de fonctionnement, tout en restant seul à bord.
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